main de la terre

https://www.youtube.com/watch?v=rfhMXRNPlMY


(en français, en original, ci-après)


Ea era printre noi – poate acum o suta de ani, sau poate adineauri.

Vantul noptii ii mangaia fata. N-as sti sa va spun unde era tara ei, unde era casa ei. Daca era nevasta de marinar, de ţăran, de exilat sau de emigrant, daca traversase marea, un munte sau oceanul. Pamantul parea sa fie in urma ei. Vazand-o mergand, ti-ai fi putut imagina ca purta singura pamantul pe umeri. Cine stie ce căuta, cine stie ce i-ar fi placut sa auda in noaptea aceea...

Noaptea, privirile oamenilor se sting putin. Se spune ca lumina este in interior. Intr-un sat, in fundul unui port, pe varful unui munte, un far in mijlocul oceanului, sau o stea pe cer. Cu fiecare cantec care vibra, ea isi acorda sufletul, isi acorda pasii.
Ea isi acorda sufletul si pasii dupa fiecare cantec ce se auzea. Spunea ca dorea sa invete drumul care duce pana la cele mai frumoase semne ale lumii, care duce pana la frumusetea care-i uneste pe oameni si pe popoare.

Visul ei putea fi scris in cateva cuvinte: "Unitatea care ne aduce impreuna. Diversitatea care imbogateste."

Dorea sa graveze o alianţa, o recunoastere, in fiecare cantec din lume. In fiecare limba, dorea sa invete partea de alteritate, de inteligenta, de umanitate. Spunea ca acestea sunt cele mai frumoase promisiuni de viitor, de pace, de bogatie a lumii.

Intr-o zi, poetul a scris pentru ea: "Omul nu este nici mare nici mic. El are marimea a ceea ce stie sa iubeasca si sa respecte."
Ea, ea raspundea ca toata viata trebuie sa invatam sa fim invitatii celuilalt, invitatii lumii, ca aceasta inseamna ospitalitatea.

Ea mergea astfel – poate acum o suta de ani, sau poate adineauri... Aceasta era fidelitatea ei. Cantecul de iubire care face sa planga un popor nu va putea niciodata sa lase indiferent sufletul lumii.

Aceasta era pacea ei.

In seara aceasta, intre mare si ocean, poate ca sunt cateva lumini in plus in mana pamantului. Acolo unde nimic nu este separat... Acolo unde se aduna si se recunosc toate demnitatile lumii. Acolo unde niste copii din Bretania au scris intr-o zi toate aceste ţari ce se imprastie in vant, campurile de grau in buzunarele ţăranilor si oceanul care nu mai are ca limita decat samanta din mana unui copil.

In seara aceasta... In seara aceasta, painea va fi alba pe masa gazdei... Trecatorule, ramai aici, s-o impratim.

Ea mergea astfel – poate acum o suta de ani, sau poate adineauri. Spunea ca frumusetea aceasta este de neinvins...

Ea spunea ca frumusetea aceasta este de neinvins...


 
Il y avait peut-être cent ans qu'elle était là ou peut-être juste un instant.

Le vent de la nuit lui caressait le visage. Je ne saurais vous dire où était son pays, où était sa maison. Si elle était femme de marin, de paysan, d'exilé ou d'émigrant, si elle avait franchi la mer, une montagne ou l'océan. La terre semblait être derrière elle. En la voyant marcher, on pouvait imaginer qu'elle la portait toute seule sur ses épaules. Allez donc savoir ce qu'elle s'en allait chercher, ce qu'elle aurait aimé entendre cette nuit-là.

La nuit, les regards des hommes s'éteignent un peu. On dit que la lumière est à l'intérieur. Dans un village, au fond d'un port, en haut d'une montagne, un phare dans l'océan, ou bien une étoile dans le ciel. A chaque chant qui résonnait, elle accordait son âme, elle accordait ses pas. Elle disait qu'elle voulait apprendre le chemin jusqu'aux plus beaux signaux du monde, jusqu'à la beauté qui unit les hommes et les peuples.

Son rêve elle l'écrivait de quatre mots... "L'unité qui rassemble. La diversité qui enrichit."

Dans chaque chant du monde, elle voulait graver une alliance, une reconnaissance. Dans chaque langue, elle voulait apprendre la part d'altérité, d'intelligence, d'humanité. Elle disait que c'était cela la plus belle promesse d'avenir, de paix, de richesse du monde.

Un jour le poète a écrit pour elle... "L'homme n'est ni grand ni petit. Il a la taille de ce qu'il sait aimer et respecter."
Elle, elle répondait que toute la vie il fallait apprendre à être l'invité de l'autre, l'invité du monde, que c'était cela l'hospitalité.

Il y a peut-être cent ans qu'elle marchait ainsi ou peut-être un instant... C'était cela sa fidélité. Le chant d'amour qui fait pleurer les yeux d'un peuple ne peut à tout jamais laisser indifférent l'âme du monde.

C'était cela sa paix.

Ce soir, entre la mer et l'océan, il y a peut-être quelques lumières de plus dans la main de la terre. Là où rien n'est séparé... Là où s'additionnent et se reconnaissent toutes les dignités du monde. Là où des enfants de Bretagne ont écrit un jour tous ces pays dispersés par le vent, les champs de blé dans la poche des paysans et l'océan qui n'a plus pour frontière que la graine emportée par une main d'enfant.

Ce soir... Ce soir, le pain sera blanc à la table d'hôte... Passant demeure ici pour le partager.

Il y a peut-être cent ans qu'elle marchait ainsi ou peut-être un instant. Elle disait que cette beauté-là est invincible...

Elle disait que cette beauté-là est invincible.